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Sunday, October 17, 2010

[EN FRANCAIS] Hurts - Happiness (album review)



Article initialement publié sur My Tour Manager, où j'officie chaque lundi

Depuis bientôt un an une certaine chanson tient une place particulière dans ma vie. Découverte par hasard au détour de mes errements habituels sur le net, Wonderful Life du groupe britannique Hurts m’a immédiatement marquée par son anachronisme et sa non-conformité avec la production pop actuelle. On croirait en effet cette digne héritière de la new-wave anglaise directement sortie des années 80. La production, léchée sans être clinquante, et l’interprétation, empruntée mais jamais ampoulée laissaient espérer l’éclosion d’un duo à suivre.
Douze mois, un second single (le bondissant Better Than Love), et un sampler et une bonne dose de buzz savamment distillé plus tard, Theo Hutchcraft et Adam Anderson proposent leur premier album, le bien nommé Happiness. Quitte à briser le suspense, disons-le tout net : c’est un chef d’œuvre.


Les exigences visuelles et stylistiques du duo sont un juste écho à l’application du groupe, que l’on devine à l’écoute de chaque titre présent sur le disque. L’univers élégant et raffiné du duo complète en effet parfaitement le style sophistiqué et extrêmement travaillé de sa musique.

Au premier abord plutôt sombre, Happiness s’avère lumineux au fil des écoutes, porté par de vrais moments de grâce, tout à la fois épiques et puissants sans jamais verser dans un grandiloquent que maîtrise de mieux en mieux U2 par exemple. Silver Lining et Illuminated sont deux incontournables pépites qui donnent une excellente idée de l’envergure de ce groupe décidément inspiré. Il en va de même pour l’émouvant Evelyn et pour le superbe Stay, prochain single de Hurts sur ses terres natales. Le duo avec Kylie Minogue, Devotion, que l’on classera plutôt du côté de Where The Wild Roses Grow (sa collaboration avec Nick Cave) que de celui de Kids (avec Robbie Williams) est une merveille malgré une sous-utilisation de la blonde australienne, et place la barre très haute pour la concurrence.

Les titres up-tempo ne sont pas en reste avec Better Than Love et surtout Sunday, qui là encore nous replongent dans les années 80 en nous rappelant les meilleurs moments de Depeche Mode. Stratégiquement placées, ils offrent des plages plus légères parmi un tracklisting majoritairement composée de titres lents. Le dernier du disque, The Water, est d’ailleurs une réussite totale toute en classe et subtilité.
Avec Happiness, Hurts réussit un tour de force. Le duo offre en effet un album d’une modernité absolue malgré des influences 80s indiscutables. En prenant tout très mais pas trop au sérieux, il s’impose avec une facilité extrême, à coup de pop songs travaillées comme des pierres précieuses. Le risque d’une telle rigueur dans l’écriture était de laisser l’auditeur froid même si admiratif, mais l’écueil est ici évité. On se laisse au contraire irrésistiblement envelopper par les nappes de synthés, les envolées de cordes, les chœurs lyriques et la voix envoûtante de Theo. Vous n’aurez pas le loisir d’entendre beaucoup de disques pop de ce calibre cette année, inutile donc de résister. Laissez-vous séduire par les nouveaux rois de Manchester.

Découvrez la playlist Hurts avec Hurts

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