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Sunday, October 17, 2010

[EN FRANCAIS] Pacific 231, la remise à flot de Raphaël



Article initialement publié sur My Tour Manager, où j'officie chaque lundi

Ceux d'entre vous qui me sont fidèles chaque lundi savent que je m'enthousiasme rarement pour la production musicale francophone. Pas par anglophilie forcenée, mais plutôt parce que très peu d'artistes de chez nous savent faire vibrer ma corde pop. Autant vous dire que Raphaël, même si j'ai toujours suivi sa carrière d'une oreille, ne bénéficiait pas d'une cote Scissor-Sisteresque jusqu'à présent. Bon ça, c'était avant Pacific 231.
Il faut dire que les choses ont plutôt bien commencé. Chanceux que je suis, l'album m'a été livré par les deux hommes entourant le chanteur sur la pochette de son disque, oui oui masque de soudeur compris. Au bureau. En pleine journée. Jolie opération de marketing, qui s'est poursuivie par une chasse au trésor dans les rues de Paris via Twitter et Foursquare, ainsi que Kais vous l'a expliqué la semaine dernière. A ce stade, je pensais encore que le (superbe) packaging serait bien supérieur au contenu. Bah oui Raphaël, sa voix nasale vite énervante, son look d'ado à 35 ans, ses ritournelles relou sur des Caravanes, ça avait plûtot tendance à me gonfler ces dernières années. Ceci dit son premier album Hôtel De L'Univers était fort intéressant (écoutez Petite Annonce, Cela Nous Aurait Suffit ou Laisse Faire), rebellion Saezienne à deux balles mise à part.

Plein de bonne volonté, séduit par un marketing sympa et curieux suite à quelques bons échos glanés ça et là, j'attaquai l'écoute avec autant de circonspection que d'espoir. Car OUI, on peut changer. Regardez Kylie Minogue. Il lui a fallu huit ans pour passer de I Should Be So Lucky à Confide In Me. Bref.

Quarante et une minutes et seize secondes plus tard, j'ai du me rendre à l'évidence : le cinquième album de Raphaël Haroche est brillant. Point. Son style est mature sans être vieux, les textes parfois profonds, souvent poétiques même si énervants à une ou deux reprises (Le Patriote, un peu facile...), les mélodies sont prenantes, souvent entraînantes et émouvantes, et même sa voix a gagné en tenue ce qu'elle a perdu en nasalité. Tout concorde : Pacific 231 est un grand album de pop française, et pas de variété. Une pop qui a de la classe, et qui place son interpète à son meilleur niveau, comme s'il avait enfin trouvé le bon équilibre entre compostions ambitieuses et soignées, textes intelligents auxquels on s'identifie facilement, et interprétation sobre.

Je préfère vous laisser découvrir l'album dans son intégralité plutôt que de vous le décrire titre par titre, car l'ensemble a une réelle cohérence, à défaut de comporter des "singles" et des "tubes". Si on veut absolument isoler les titres les plus efficaces, on peut citer Bar de L'hôtel, Locomotive et Je Hais Les Dimanches. Mais pas sûr que ce soit la meilleure chose à faire.

C'est que ce très beau disque me donnerait bien envie de découvrir l'artiste sur scène, pour voir si l'univers particulier de Pacific 231 reste intact en live. Ca tombe bien, l'homme part présenter son nouveau bébé dans les petites salles du pays, avec un passage à l'Olympia de Paris les 26 et 27 novembre prochains. On se voit là bas ?
Pour écouter l'album en intégralité, cliquez ICI
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Raphaël, Pacific 231 (EMI) / Disponible en édition classique et "deluxe" / Tournée en France, dates ici.

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