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Monday, October 25, 2010

[EN FRANCAIS] : Yodelice - Cardioid (album review)



Yodelice, c'est juste l'une des meilleures ré-inventions artistiques des ces dernières années. Souvenez-vous du début des années 2000. Le beau gosse qui produit l'album du girlband français L5? Le grand brun ténébreux qui joue (mal) dans Alive, l'un des dix pires films de tous les temps? Le médiatique compagnon de la chanteuse Jenifer? Un seul et même homme: Maxim Nucci. Légèrement tiré vers le bas par ces incartades bien peu valorisantes aux yeux des cools, la carrière solo du l'homme peinera à décoller (attention, euphémisme), malgré une couleur pop-rock plutôt agréable. Si Alive n'est pas vraiment pardonnable, on peut lui reconnaître un beau travail de production sur l'album des cinq vilaines de Popstars, qui se rapproche plus des sonorités pop modernes de leurs cousines anglo-saxonnes qu'à une resucée des So What.

Mais là n'est pas vraiment la question. Notre bon Maxime, par ailleurs excellent musicien, a en 2008 une idée qui va sauver sa carrière : abandonner son look de boyband et l'univers musical un peu niais dans lequel il évolue pour se créer un personnage : Yodelice. Son pseudo, qui fait référence à la "Casa Yodelice" où il a enregistré son "premier" album The Tree Of Life, un nouveau look barbu-hobo-chapeauté et surtout un son pop-folk chaleureux lui permettront d'arriver là où il n'aurait jamais pu arriver sans cette réinvention. Le public français n'est généralement pas enclin à accepter les changement radicaux ou autres expérimentations musicales, et s'imposer à lui sous une nouvelle identité était le moyen le plus finaud d'y arriver. Bien sûr, la barbe et le chapeau melon font sans doute moins saliver les amatrices de mannequins propres sur eux, mais au moins les pairs et les sceptiques des premiers temps ne peuvent plus reprocher à l'artiste de se cacher derrière son physique.

Aujourd'hui sort Cadioid, le deuxième album de Yodelice. Si le premier m'avait laissé un peu froid malgré d'évidentes qualités, il en va différemment pour celui-ci. Ce second opus est une réussite totale et la confirmation d'un univers aussi particulier que passionnant dans lequel on entre dès Breathe In, le premier titre. More Than Meets The Eye, le single qui a la charge d'attirer la lumière sur l'album, remplit parfaitement son office en proposant une folk accessible et mélodique très facilement mémorisable. Les titres les plus marqués rythmiquement (My Blood Is Burning, Wake Me Up), en plus d'être ceux qui retiennent le mieux l'attention, sont ceux qui s'avèrent les plus intéressants mélodiquement. Experience porte bien son nom, puisqu'en près de six minutes son interprète nous ballade au gré d'une montée de tempo très réussie qui constitue le centre du disque. Picture Perfect et Five Thousand Nights (en duo avec Marion Cotillard) marquent le retour des titres folk plus posés, tandis que Monkey's Evolution constitue un épilogue brillant, après seulement neuf titres. Il n'était en effet pas nécessaire d'en faire plus pour séduire.

La cohérence de Cardioid ne se dément jamais et montre un artiste inspiré et à l'aise, doté d'un réel univers et fort d'une maîtrise totale. Une réelle réussite que les plus admirateurs d'entre vous pourront prolonger au cinéma puisque Maxim Nucci tient un rôle secondaire dans Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet (qui avait réalisé le clip de Sunday With A Flu), lui-même compagnon de Marion Cotillard que l'on retrouve sur l'album. 2010 aura donc été une bien belle année pour Yodelice Nucci, nul doute que la suivante suivra le même chemin.

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Yodelice - Cardioid (Mercury/Universal) / Sortie le 25/10 en CD & Digital / En tournée (à Paris: au Bataclan le 22/11 et à la Cigale le 24/11).

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