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Tuesday, November 23, 2010

[BBF'S CORNER] Live report : Louis Ronan Choisy live @ le Zèbre, Paris

Un grand merci à Hugo, qui a eu la gentillesse de couvrir pour moi le concert de Louis-Ronan Choisy auquel je ne pouvais malheureusement pas assister. J'en profite pour lui souhaiter la bienvenue sur le blog et le remercier chaleureusement sur cette excellente chronique qui, je crois, vous fera regretter autant que moi d'avoir manqué ce beau moment. 
Vous pouvez par ailleurs retrouver ici l'article que j'avais écrit sur l'artiste il y a quelques mois.


Je déteste la chanson française, car bien trop souvent les chanteurs ou groupes français nous rappellent à quel point Baudelaire, Vian, Brassens ou Gainsbourg leur sont inconnus. Je rentre donc dans le Zèbre pas trop sûr de ce que je vais entendre et priant pour qu’on ait la bonne idée d’y chanter en anglais. La rapide première partie n’est pas là pour me rassurer : visiblement l’arrangeur de Louis-Ronan qui s’essaye à un tour de chant plutôt médiocre, quoi que pas désagréable. Mais le ton est donné : ce sera en français dans le texte, des refrains langoureux et de la voix rauque. Du mâle sensible.

Et il arrive. « Il » sont quatre : guitare sèche, basse, drums et lui, son clavier, son micro, sa trompette. On est obligés de remarquer dès les premières secondes, dès le tout premier pas sur la scène que ces quatre là s’entendent bien, se respectent, s’écoutent. Et ça fait du bien, surtout quand au dernier concert qu’on a vu, les membres s’étaient déjà séparés trois fois et se coupaient la parole sur scène.

Puis vient la musique : des mélodies douces, mélancoliques, aériennes. Des accords faciles, rarement surprenants mais efficaces. Des rythmes peu variés et sans beaucoup d’effets. Une voix simplement belle, envoutante, jamais sur-jouée. Et tout ça raconte une histoire, tout ça chante des textes puissants, parfois au bord du spleen du Baudelaire cité plus haut, toujours percutants. On est heureux de l’entendre et de la comprendre cette langue là, cette poésie sans fioriture, ce concert des mots. 

Une setlist très complète, beaucoup de morceaux, pas moins de quatre « encore » et une petite guest aussi jolie qu’inattendue préférant ne chanter qu’un mot sur deux dans le micro de Louis-Ronan. Beaucoup de beaux moments : Caspard David Friedrich, un Funambule, Copenhague, J’irai voir Dieu, La nuit m’attend. Deux reprises en anglais exceptionnelles : Music de Madonna et I’ve seen that face before de Grace Jones.  Peut-être d’autres... 

Une présence toujours juste, des sourires retenus mais sincères, peu de verbiage et beaucoup de tendresse. Un certain côté Bashung, la fraicheur en plus. On ne peut s’empêcher de penser à Alex Beaupain et plus encore à Brooklyn Bridge peut avant une certaine mort, dans cette salle à moitié pleine où les couples s’enlacent et regardent dans le vide en penchant la tête.

La mort d’ailleurs, on l’entend souvent, tout comme la cigarette, le sang et les (liber)tangos. Jamais déprimé mais très souvent fatigué, usé. Il nous a dit qu’il détestait les fil-s. C’était le fil de son micro dont il parlait, mais on avait aussi envie de croire que le fil de la vie le harassait tout autant. On ressort pourtant de là avec encore plus envie de vivre.

2 comments:

Anonymous said...

You are so lucky to see him in concert!

- Europopped

Loïc - It's Pop! admin said...

Actually I couldn't go myself so I sent my friend as a reporter ;)
But I'm sad I missed this show.