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Tuesday, July 17, 2012

[LIVE REPORT] MADONNA'S MDNA TOUR part 2

C'est à mon tour de vous dire tout ce que j'ai aimé et moins aimé dans ce show grandiose. Et en préambule je tiens à préciser que ces places m'ont été offertes. Un immense merci pour cela à celle qui se reconnaîtra <3.



Tout ou presque a été dit sur le concert de Madonna au Stade de France le 14 juillet dernier. Bizarrement, si j’en crois ma timeline Twitter, l’arène géante de St Denis était the place to be. Bizarrement aussi, il ne m’avait pas semblé constater autant d’intérêt de la part de cette même twittosphère un brin opportuniste lorsque MDNA, le 12ème album studio de Madonna est sorti fin mars.

Ce disque, injustement descendu par la critique, n'est pourtant pas si mauvais qu’on a bien voulu le dire. Il a malheureusement été porté par les deux pires singles possibles : Give Me All Your Luvin’ d’abord, pour coller à la performance du Superbowl en février, puis Girl Gone Wild. Clairement, deux titres vulgaires, génériques et ennuyeux au vu du reste de l’album. Car oui, il y avait de quoi faire avec ce disque, entre l'excellent I'm Addicted, l'étonnant Gang Bang (qui sera le 4ème single), l'entêtant Love Spent ou encore Some Girls et Superstar.

C'est donc pour "défendre" (terme tout ironique lorsque l'on sait la promo inexistante assurée par Madge autour de la sortie de MDNA) son album que Madonna était à Paris samedi. Première étape française d'une tournée mondiale qui devrait s'achever en Australie début 2013, le show est arrivé rodé par une vingtaine de dates, depuis la première en Israel fin mai. Idéal donc pour le filmer en vue d'un futur DVD. C'est en tous cas ce que disent les écrans du stade.

Première pensée en arrivant à nos places pourtant en catégorie 1 (valeur : 127€ l'une) : on est loin ! Madonna étant une finaude et son tourneur Live Nation un coutumier de l'arnaque en stade, le dispositif scénique est fait pour une arena, ces salles couvertes de 15 à 20000 places type Bercy que l'artiste visitera en grande majorité lors de la partie américaine de sa tournée. Elle paraît donc minuscule dans l'enceinte du gigantesque Stade De France. Quel dommage, qui plus est avec un show pareil. Mais business is business, et 1 stade = 5 Bercy, le calcul est vite fait pour une star qui doit enquiller un maximum de dates en un minimum de temps, et surtout rentabiliser au plus vite les dépenses pharaoniques engendrées par une telle tournée. Je ne sais pas s'il y a un rapport, mais en 2008 Madonna remplissait deux Stades de France, quant aujourd'hui elle peine à en faire un complet. Une partie des fans se serait-elle déjà détournée de cet endroit uniquement adapté aux événements sportifs et à quelques rares concerts de rock (U2 ou Muse par exemple, qui eux, tournent avec une infrastructure adaptée à la taille du lieu…) ? J'ai envie de croire que oui.

Coucou Madou, t'es où ?
Laissons de côté ces considérations qui malheureusement dépassent notre champ d'action (à moins qu'on décide tous de boycotter les concerts en stade, c'est une idée ça!) pour s'intéresser au show en lui-même. J'ai aimé constater que nombre des esprits chagrins présents samedi n'avaient manifestement jamais assisté à un grand spectacle pop. Oui, il y a des écrans géants et des interludes. Oui, il y des danseurs, qui font partie intégrante du concert, au même titre que le groupe ou l'artiste. Oui, tout est millimétré et réglé à la seconde près. Oui, au moins de juillet le soleil se couche tard et donc le concert commence à 22h15 afin que chacun puisse profiter au mieux des effets de lumières et des projections (d'autant plus lorsque le show est filmé). Oui, Madonna parle peu à son public et le fait très rarement chanter en choeur. Je n'ai jamais vu de concerts-karaoké de Radiohead ou des Strokes. Perso le speech téléphoné de mi-concert me suffit largement. Et le fameux "ce soir on va tout niquer", qu'elle nous ressort à chaque fois. Bref, si tu veux voir un groupe tenir des instruments et des micros qui font des larsens entre deux chansons mit blagounette pour meubler : NE VA PAS VOIR MADONNA, tu vas être déçu et tu vas dire des conneries qui vont me saouler.



A ceux qui reprochent à Madonna sa distance avec le public, j'oppose ceci. Tout le respect qu'elle porte (ou non?) à ses fans ne se voit-il pas dans l'impressionnant travail fourni par une équipe de 200 personne chaque soir ? Dans les innovations technologiques souvent inédites déployées pour offrir une expérience audio-visuelle dont peu d'artistes sont capables ? Dans ces heures, ces jours de répétitions nécessaires pour atteindre un tel niveau d'excellence physique ? Dans cette volonté de réinventer ses classiques pour ne pas lasser les fans les plus fidèles ? Dans ce don de soi inhérent à un tel spectacle ?

Certes, elle ne chante pas toujours en live (tant mieux, ai-je envie de dire), bien sûr qu'elle use et abuse d'effets plus ou moins subtils (oh, des guns ! ah une fesse !), évidemment qu'elle ne fait pas de rappel (après 2h non stop), mais quel artiste le fait vraiment, sans qu'il soit prévu dans la setlist et que les séquences lumière soient préenregistrées ? Genre "bon, OK, je vous en refais une, mais franchement c'était pas du tout prévu"…

Après la quasi-cata du Sticky & Sweet Tour de 2008/2009, Madonna est de retour au sommet de son art, à savoir le méga-show brillamment pensé et exécuté. Chaque tableau contient une bonne idée, chaque mise en scène étonne, chaque centimètre carré de la scène est utilisé à bon escient. Les projections vidéos, qui font entièrement partie du show et ne servent pas qu'à habiller le fond de scène, contrairement à trop de shows qui s'en paient le luxe, sont toutes plus réussies les unes que les autres, les costumes sont sobres et bien vus (à l'exception de la jupette de majorette…). Bref, on retrouve avec bonheur l'excellence du Drowned World Tour (2001) et du Confessions Tour (2006), tous deux étant l'illustration du pop show à son plus haut niveau. Parmi les moments forts du show, on notera le sanglant Gang Bang, le sidérant numéro d'équilibristes sur fil durant un Hung Up décevant (car privé du sample d'Abba), Express Yourself/Born This Way/She's Not Me, l'interlude Justify My Love, juste sublime, tout le tableau "Masculine/Feminine" avec Vogue, Candy Shop, Human Nature et surtout Like A Virgin, I'm Addicted pour l'esprit transe et la chorégraphie et enfin Like A Prayer, seul titre à avoir mis debout le stade entier. Un gros bémol toutefois : Celebration en guise de morceau final. N'étant pas 1/ un bon morceau 2/ un tube, il peine à conclure le show sur le pic qu'il mérite. Music eut été un meilleur choix à ce titre. 






Je ne m'abaisserai même pas à évoquer l'âge de Madonna, sa forme olympique ou sa course à la jeunesse éternelle. Je me bornerai à penser qu'on a encore de la chance qu'elle soit toujours capable de proposer un tel show, de se renouveler et de réinventer le genre, lorsque tou(te)s les autres sont loin derrière. A l'exception peut être de Kylie Minogue, dont les spectacles grandioses ont le charme kitsch et la proximité qui font défaut à ceux de Madonna, mais qui elle, n'a jamais voulu (ou pu) passer le cap du stade, si impersonnel et frustrant pour les spectateurs. 


Quoiqu'il en soit, tant qu'elle sera valorisée par des artistes qui tiennent la notion de divertissement de qualité (que le français méprise si bien) en si haute estime, la pop a encore de beaux jours devant elle. 


1 comment:

Anonymous said...

J'ai bien aimé aussi, simplement regrétté qu'il n'y ait pas plus "d'anciennes" chansons (Like a prayer était très bien par exemple ).