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Saturday, January 04, 2014

Les 10 chansons de 2013 de @damitago

L'ami @damitago, que vous avez déjà croisé plusieurs fois sur ce blog, nous revient en ce début d'année, augurant ainsi d'une collaboration plus régulière. Car oui, l'homme sait y faire en matière de pop, et il serait fort dommage de s'en priver. Le twitto qui murmurait "SAY" à l'oreille de Xtina nous livre son top 10 des titres de 2013, et franchement, quelqu'un qui fait si admirablement se côtoyer Cher et The National ne mérite que notre amour le plus profond. 
Bonne année 2014, poplovers !


10 - FAVORITE SCARS - CHER


Allez-y, riez, moquez-vous. HOMOPHOBES !

« love is the story behind all of my favorite scars ».
“my favorite scars”. 
“mes cicatrices préférées". 
On peut faire plus pop que ça, comme concept de paroles ? Je ne crois pas, non.

Alors Cher prend sa voix iconique, la colle sur une mélodie immédiate, une production parfaite, les paroles pop, se fixe une perruque sur la tête et, d’un hairflip triomphant, renvoie les rageux, les moqueurs, les homophobes et les puceaux musicaux écouter Selena Gomez, puisqu’il ne méritent pas mieux.


9. CANNONBALL - LEA MICHELE (& Sia)


Dans une vie précédente, Sia était une artiste indé, alter, bizarre, qui parlait aux freaks de problèmes de freaks. Et elle était la meilleure.
Dans sa nouvelle vie, Sia travaille sur tous les gros projets commerciaux (avec plus – « Perfume » pour Britney- ou moins – « Double Rainbow » pour Katy Perry- de bonheur) pour écrire des singles à toutes les popstars, pour parler de tout et de rien à ta mère quand elle se ballade au supermarché en écoutant vaguement la musique d’ambiance.
Elle a fait un choix, conscient, de devenir Diane Warren. Et elle est la meilleure Diane Warren depuis Diane Warren (qui, même en pré-retraite- reste la reine).

Et « Cannonball » est son chef-d’œuvre de power ballad pop, industrielle, formatée, calculée. Parce que enfin, la Sia d’avant et la Sia d’après fusionnent. Le style musical, le petit truc dans les paroles où on reconnait la fille qui est passée de freak à popular kid. La fusion, parfaite, entre ce que la musique évoque et ce que racontent les paroles. Lea Michele, comme toutes celles qui chantent du Sia (sauf Xtina), imite la façon de chanter. Mais elle le fait bien.

Maintenant, Sia a travaillé avec semble-t’il tout le monde (sauf Madonna, mais Madonna ne baise pas ceux sur qui tout le quartier est passé), a épuisé son fantasme d’être Diane Warren, et sort bientôt son nouvel album solo. Il y a dans « Cannonball » le supplément d’âme qui fait penser qu’elle a encore des choses à dire et exprimer. Je suis tout ouïe.

8. #GETITRIGHT - MILEY CYRUS (& Pharrel)


We can’t stop/Wrecking Ball/Adore You/#GetItRight est une brochette de singles de pop industrielle qui tue, et ça marque souvent l’arrivée d’une popstar dans la cour des grandes.
Il est très difficile, et un peu injuste, d’en isoler un, ils sont tous individuellement parfaits et c’est collectivement qu’ils te laissent KO.
Mais le plus grand BANGER de cette collections de BANGERZ doit être #GetItRight, qui coincide, par ailleurs, avec le stupéfiant retour en grâce (commercial et artistique) de Pharell, qui n’a pourtant rien réinventé de son style ni de son son. C’est juste parfait. Tu as juste envie de danser, en slip tout seul chez toi ou bien habillé avec plein de gens qui te regardent, de chanter par-dessus, en bougeant les lèvres en silence dans le métro ou à tue tête tout seul chez toi, de réaliser le clip (ce serait à base de meuf qui s’éclate toute seule chez elle à la « Ricky Business » en prenant des selfies et en les postant sur instagram avec des mot-dièse pour dire les paroles et filmé comme le clip de « Criminal » de Fiona Apple et… oh, well), et tu veux le voir en concert, et c’est comme ca qu'on reconnait un BANGER pop, je crois bien.

Bienvenue Miley, tu vas voir, tu vas passer de superlatifs injustifiés à critiques injustifiées, tu marcheras avec des trucs de merde et flopperas avec des trucs géniaux, on dépensera une fortune pour des concerts moyens en piratant pour économiser 1,29e sur des chansons géniales, et au terme de tout ça, on arrêtera de s’intéresser à toi sans aucune raison particulière <3 p="">

7. WASTING MY YOUNG YEARS - LONDON GRAMMMAR


Beaucoup de musique sort, beaucoup de nouveaux artistes débarquent, à peine un artiste arrive à se frayer un chemin dans le top 10 ou 20 ou 30 d’une année que les nouvelles sensations de l’année suivantes le balayent. Les nouveaux artistes avec un son trop classique ne sont pas remarqués, ceux avec un son trop original sont condamnés à se répéter au 2ème album et à perdre de leur intérêt ou évoluer dans leur son et perdre leur originalité.
Donc London Grammar arrive, dans un style qui ressemble à Florence + The Machine, avec une voix proche de celle de Marina & The Diamonds, avec des chansons de qualité mais rien qui transperce ton âme de génie non plus, et il fait peu de doute que, soyons sérieux, il n’en restera rien.
Ou pas grand-chose.
Parce que dans l’album, il y a une chanson, parfaitement représentative du style, du son, de l’émotion, de la voix de l’album, et ça dit :
"maybe i’m wasting my young years
It doesn’t matter"
Et voilà. C’est tout ce qu’on a besoin de savoir et d’entendre. C’est ce qui restera de ces jeunes gens par ailleurs talentueux.

Bravo, merci, c'était très bien mais je ne cherche rien de sérieux, au suivant.

6 - UNBELIEVERS - VAMPIRE WEEKEND


Et puis il y a les groupes phénomènes d’il y a quelques années qui ne lâchent rien, poursuivent la même route avec leur son original mais qu’ils explorent, poussent, font évoluer, et qui pondent des bijoux qui n’appartiennent qu’à eux, qu’à ce style, qui ne peuvent être créés qu’à ce moment précis où l’envie, l’inspiration, la créativité, l’énergie sont encore là mais où la maîtrise, la tranquille et conquérante confiance en leur popre travail ont eu le temps de faire leur œuvre.

Ça sonne presque facile, en écoutant le résultat. Ça ne l’est probablement pas. C’est incroyable.

5 - SATURDAY NIGHT - NATALIA KILLS


A quoi ça sert de faire de la bonne musique ? De faire de la bonne pop ? Avec du cœur et de l’âme ? De faire un lead single imparable mais loin de tout formatage ? De dévoiler son âme avec un texte déchirant, mais avec un twist pop qui n’est pas qu’une pirouette stylistique, mais une transformation de la réalité pour la transformer en art ? A quoi ça sert de faire un vrai album pop, avec 12 chansons géniales, cohérentes, riches ? A quoi ça sert d’écrire soi même sa musique ? A quoi ça sert de ne pas se foutre à poil pour vendre ? A quoi ça sert de faire un album pop qui n'est pas qu'une version audio du "Loup de Wall Street" ? A quoi ca sert de faire en sorte que la musique exprime ce qu’évoquent les paroles ? A quoi ca sert d’être une fille talentueuse ?

Vous n’écoutez même pas.

Maintenant que je vous ai bien culpabilisé, rattrapez un peu ce flop le plus violent et injuste de l’année, même pas en achetant, juste cosmiquement, en lui accordant de l’attention et, mécaniquement, dans la foulée, de l’admiration.


4. SLIPPED - THE NATIONAL


Il y a certaines chansons qui sont merveilleuses parce qu’elle n’appartiennent qu’à leur auteur, à leur époque, l'alignement parfait des étoiles (voir: Vampire Weekend - Unbelievers).
Et, au milieu d’un album, d’un vrai album, cohérent, sans single, où les chansons se portent les unes les autres, il y a « Slipped »
« Slipped » aurait pu sur être un album de pop, de folk, de rock indé, avec d’autres arrangements mais l’âme serait la même et ce serait probablement aussi puissant.
« Slipped » aurait pu être chanté il y a 10, 20 ans, ou dans 10, 20 ans et ce serait probablement aussi puissant.

Il se trouve que c’est avec le génie de The National, cette voix qui hante, ce son qui habite (ou l’inverse), cette dignité et cette force qui font que les paroles expriment des tourments profonds et pas de l’émo industriel.

La chanson ne sera jamais reprise, ne sera jamais largement diffusée, ça restera à jamais la piste 9 du 6ème album de The National. Alors là voilà, isolée, dans toute sa glorieuse splendeur.


3. EN SURFACE - ETIENNE DAHO & DOMINIQUE A



Difficile d’isoler une chanson d’un album pareil. Soit on n'en isole aucune -c’est un vrai album, on n’a plus l’habitude, ça fait bizarre, mais ça s’écoute d’une traite, plusieurs fois, en ne faisant que ça- soit on en isole 10, parce qu’elle sont aussi glorieuses individuellement qu’illuminées les unes par les autres.

Alors on va tricher un peu et on va isoler « En Surface », la version avec des violons en duo avec son auteur, Dominique A, que l’on trouve sur l’édition collector.

Parce que c’est une évidence. Tellement parfait, riche, immédiat, qu’on se pince pour croire que personne n’a inventé cette mélodie avant, que ces 2 là n’ont pas chanté tout leur répertoire ensemble tant leurs voix se mélangent sublimement, que ce texte est original et non une reprise d’un texte écrit il y a 200 ans tant il est riche, profond, simple, universel, parfait.

Ca dure 2min20, ça te terrasse d’admiration à la première écoute, d’euphorie à la deuxième, de mélancolie à la 3ème, puis tu la connais par cœur, des paroles à chaque variations de tonalité, puis tu réalises qu’à 57 ans, au bout de ton 10ème album, 30 ans après avoir été un phénomène adolescent, tu peux sortir un truc aussi fort, tu peux avoir la modestie d’accepter une chanson livrée « clef en main » et en faire un petit chef d’œuvre, et ça ne te fait pas plus aimer Etienne Daho –ce n’était pas possible, j’étais déjà arrivé au plafond- mais ça te fait avoir un peu plus confiance en l’art, les artistes, et la création.

2. FORMIDABLE - STROMAE


Au Trianon, fin novembre, devant une salle bourrée, il y avait Stromae, qui faisait sa performance de mec bourré qui hurlait rageusement son désespoir amoureux. Il était à fond dedans. Il exploitait ce que si peu de personnes savent faire en France, inventer une performance, qui illustre et porte ton propos. C’est une démarche très pop, pour une chanson stupéfiante, incroyablement puissante, iconique, forte, émouvante, universelle (je n’ai jamais connu ce sentiment, mais je comprends de quoi il parle en l’écoutant).
Et la salle hurlait les paroles, joyeusement, comme un hymne pop. Stromae continuait, indifférent, et toute la chanson était vidée de son sens, et c’était comme un grand malentendu.
C’est le sort de Stromae, et de son album, comme tous les succès populaires qui sont vidés de leur sens par la surexploitation, par l’appropriation de masse, donc impersonnelle, d’une expression personnelle.

Alors, comme il faut faire l’effort de se souvenir de cette fois où on a vu Adèle, dans le quasi noir, chanter « Someone Like You » aux Brit Awards et on était bouleversés, avant que ça devienne la BO de toutes les séquences d’élimination de télé réalité, il faut faire l’effort de se souvenir de cette fois où, début Juillet 2013, on a découvert émus et stupéfaits qu’un talent pareil existait en Franc…. En francophonie, et qu’il était là pour faire de grandes choses, et on croisait les doigts pour que ça marche parce qu’il était spécial, original, talentueux, et qu’il le méritait.

1. SAY SOMETHING - A Great Big World & XTINA AGUILERA


Ce n’était à la base qu’une chanson bonne à illustrer les dernières minutes d’un episode particulièrement mélodramatique de “Dawson”. Avec une mélodie particulièrement simple, pure, forte, émouvante, mais il y a beaucoup de mélodies pures, et fortes et émouvantes.
Puis Xtina vint.

Le mélange de ces deux voix était mélodieux. Comme lorsque Léonard Cohen est débordé par les chœurs féminins dans ses chansons.
Puis ce dialogue entre les deux, qui faisait que la chanson n’était plus une plainte émo mais un dialogue de sourds entre deux amants.
En fan historique de Xtina, lassé par le n’importe quoi de ces derniers temps, c’est aussi ce que j’avais envie de lui dire… « say something, i’m giving up on you ».
Et sorti de nulle part, sans aucune perspective commerciale, elle nous offre son succès populaire le plus gratifiant depuis des années, une performance vocale sublime (ceux qui ont entendu « I Am » sur Bionic ou son featuring pour T.I. sur « Castle Walls » savent qu’elle est magnifique avec ce timbre de voix, mais c’est son chef d’œuvre dans ce registre).

C’est un plaisir de music lover, de fan de Dawson, et de fan de Xtina. Je suis tout ça.


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